
Denis Marie est né en 1959 à Lorient. Il est l’auteur de “L’éveil ordinaire, le don du cœur” paru en novembre 2007 aux éditions l’Originel – Charles Antoni. Il y expose sa réalisation suite à une expérience d’éveil survenue à l’hôpital au lendemain d’une greffe en 1996.
Malgré de nombreuses années de recherche et de pratique, à la fois dans les traditions chrétienne et bouddhiste, c’est finalement hors de tout contexte religieux et spirituel qu’un changement radical s’est accompli. C’est seulement au bout d’une dizaine d’années d’observation et d’appropriation de son expérience qu’il décide d’exposer plus ouvertement sa compréhension.
« Un éveil ordinaire »
La réalisation est ordinaire parce qu’il ne s’agit pas d’une performance ou d’une élaboration. Elle ne repose pas sur le fait d’atteindre un état spécial ou une quelconque transcendance. L’éveil est ordinaire parce qu’il n’est pas “autre”. Nous nous éveillons à ce que nous sommes originellement, à notre nature, à notre nudité. Généralement, nous parlons “d’atteindre l’éveil”, mais il serait plus approprié de dire que nous “perdons” ou que nous laissons nos illusions.
« C’est “celui” ou “cela même” qui cherche qui doit se rencontrer »
À travers son propos, Denis Marie nous dit que l’éveil spirituel est spontané et qu’il ne résulte pas d’un long parcours de pratiques et d’ascèses. Au contraire, la vérité que nous recherchons s’offre en permanence, et ce, de manière inconditionnelle. Si nous avons des difficultés à nous éveiller, ce n’est pas dû au fait que ce soit compliqué. C’est parce que nous partons d’un postulat erroné et que nous espérons ailleurs ou plus tard, différemment, une vérité qui est déjà là.
« Je ne suis pas mon esprit »
Nous restons piégés dans l’illusion car nous abordons cette vie et notre quête d’absolu en identification à l’esprit conceptuel. À travers la connaissance de Soi et le fait d’adopter le “Voir”, il nous explique comment nous pouvons déjouer cette emprise et nous “situer” en notre Être, à la source de l’esprit. Ainsi, distinguant l’esprit comme l’une de nos fonctions, naturellement, nous regagnons le flot de la Présence spontanée et expérimentons directement “l’Êtreté”.
« Avoir un cœur »
Sans faire usage des stratégies de l’esprit, il est possible de “revenir” à ce que nous sommes naturellement et d’actualiser le Voir. Le cœur est la perle. C’est l’étincelle vive, origine de tout. Nous le regagnons, le réinvestissons, en nous appuyant sur les qualités qui lui sont propres, telles que la générosité, l’authenticité, la présence, l’amour…
« Terre et Ciel sont Un »
C’est uniquement à travers l’actualisation spontanée, ici, au cœur du vivant, que se révèle à nous la signification profonde et mystique de ce slogan. Ainsi, s’offre à nous de goûter l’unité indivisible en “ce qui Est”. En la Présence vive, oubliant les théories et les conventions, nous dépassons la vision duelle. Nous voyons que le créateur et sa création n’ont pas d’existence propre ou séparée. En l’état qui demeure originel, nous réalisons sa continuité, son unicité, malgré tout ce qui surgit sous forme de pensées, d’émotions ou d’actions. Ainsi, en la source, les formes illusoires continuent de se manifester. Cependant, il n’y a pas un “second” réel avec lequel s’illusionner.
Bien que l’approche de Denis Marie ait des similitudes avec la philosophie de la non-dualité que l’on retrouve dans certaines écoles bouddhistes et dans la tradition indienne de l’Advaïta, il ne s’appuie sur aucune de ces doctrines. Pour lui, il n’y a aucune théorie à laquelle s’en remettre étant donné que toutes font appel à l’esprit. En effet, si nous ne sommes pas celui-ci, quelle nécessité y a-t-il d’y avoir recours et de les adopter. Paradoxalement, n’est-ce pas là une nouvelle façon “spirituelle” de nous maintenir en retrait du but ? Plus directement, c’est à travers le don du cœur, le fait de Voir et vivre le “live”, que nous réalisons, que nous “tombons” dans l’évidence de cette vérité.

