
ien que durant des années j’ai pratiqué, que je me suis appliqué dans différentes méthodes pour m’éveiller, à l’instant même de la réalisation, j’ai reconnu qu’elle n’était pas la conséquence de tout cela.
L’éveil est spontané et inconditionnel. C’est l’évidence simple de notre nature enfin acceptée. Pour le dire autrement, la vérité est déjà vraie. Notre nature, c’est notre nature. Toutes nos gesticulations dans l’illusion ne sont qu’une façon de prolonger notre cécité en retardant “l’effondrement” d’un jeu qui est vide. En adaptant un dicton célèbre, je dirai : « Le chemin de l’illusion est pavé de bonnes intentions ».
J’ai de la gratitude pour la vérité universelle qui m’a rejoint dans la faiblesse et la maladie. Souveraine, elle s’est imposée et m’a donné à reconsidérer les voies basées sur l’idée d’un “chemin spirituel”. En fait, plus nous cheminons et plus le but s’apparente à une ligne d’horizon que l’on ne rejoint jamais. Dans l’illusion, le plus souvent, nous avons le pouvoir d’investir encore du temps, de l’argent, de la santé et de la jeunesse pour notre libération. Cependant, cela est un grand luxe, une forme de privilège et ironiquement une façon habile de repousser la vraie confrontation. Je ne pense pas non plus qu’il nous faut vivre des situations extrêmes ou des drames pour comprendre. Dans mon cas, ce n’est pas grâce à la maladie. Elle n’a fait que me stopper dans mes extravagances spirituelles et changer de regard. Bien des gens traversent des malheurs, mais tous n’en retirent pas les mêmes leçons.
La seule chose qui selon moi peut nous aider pour l’éveil, c’est l’honnêteté avec nous-mêmes. Si, comme nous le pensons la vérité existe, alors qu’en est-il ?
Cette vérité est-elle vraie ou bien doit-elle le devenir ? Comment cette vérité serait-elle plus vraie demain ! ? Ne s’agit-il pas plutôt chez nous d’une façon de tergiverser et de ne pas faire face à l’évidence ? Nous prétendons vouloir l’éveil, mais d’un autre côté nous ne sommes pas vraiment décidés à cesser de nous illusionner. Tant que nous nous racontons et “consommons” des histoires, que nous nous employons à les embellir, nous ne permettons pas de nous laisser rejoindre par la vérité inconditionnelle, déjà vraie, déjà là qui nous attend.
DM, 2007